Andromaque

de Jean Racine
Mise en scène Muriel Mayette-Holtz

Du 28 février 2014 au 31 mai 2014
Durée : 2h sans entracte
Richelieu

Quand Oreste arrive en Épire pour réclamer à Pyrrhus le jeune Astyanax, fils d’Andromaque qui représente une menace pour les Grecs, il se heurte au refus du souverain, qui veut plaire à la veuve d’Hector dont il est épris. Mais celle-ci lui résiste, fidèle au souvenir de son époux. Ignorant les déclarations brûlantes d’Oreste, Hermione, fille d’Hélène et de Ménélas, aime Pyrrhus auquel elle est fiancée. Elle est venue de Sparte pour l’épouser ; il la dédaigne. Les luttes menées par les membres de ce quatuor amoureux pour sortir de l’impasse dans laquelle ils se trouvent sont le moteur de la tragédie qui réglera leur sort. Poussé par Hermione, Oreste provoque la mort de Pyrrhus le jour de ses noces avec Andromaque, qui s’était résolue à cette union pour sauver son fils. Promise au châtiment des furies, Hermione se poignarde sur le corps de Pyrrhus. Andromaque devient reine et veuve une seconde fois, tandis que Pylade soustrait à la vindicte du peuple Oreste, qui a sombré dans la folie.


Auteur

Jean Racine

Racine fait représenter Andromaque à l’âge de 28 ans par la Troupe royale, le 17 novembre 1667, dans les appartements de la reine. La veuve d’Hector est interprétée par Melle Du Parc. La pièce fait beaucoup parler d’elle et de son auteur, et est appréciée par Ses Majestés. Au seuil de la maturité, Racine signe là une œuvre maîtresse. Dans la décennie qui suit, il écrit Britannicus, Bérénice, Bajazet, Iphigénie en Aulide et Phèdre. Élu à l’Académie française en 1672, il évolue dans les sphères proches du pouvoir. En 1689 et 1690, ses deux tragédies bibliques, Esther et Athalie, sont respectivement représentées à Saint-Cyr devant Louis XIV. Il meurt en 1699 après avoir rédigé un Abrégé de l’histoire de Port-Royal.


Metteur en scène

Muriel Mayette-Holtz

Administratrice générale de la Comédie-Française depuis 2006, Muriel Mayette y entre comme comédienne en 1985 à sa sortie du Conservatoire et en devient la 477ème sociétaire en 1988. Elle y interprète de très nombreux rôles sous les directions notamment d’Antoine Vitez, de Claude Régy, de Jacques Lassalle, de Matthias Langhoff, d’Alain Françon. Elle poursuit parallèlement une carrière de metteur en scène (Fernand Crommelynk, Thomas Bernhard, Bernard-Marie Koltès, Pierre Corneille, Georges Feydeau, Dario Fo). Cette saison, elle met en scène William Shakespeare avec Le Songe d’une nuit d’été Salle Richelieu, et Marguerite Duras avec La Maladie de la mort au Théâtre du Vieux-Colombier. En miroir d’Andromaque, Muriel Mayette a mis en scène Bérénice en 2011. Pour elle, dans la dramaturgie française, l’alexandrin représente la musique de l’âme. Andromaque est comme un chant des morts qui révèle des corps déchirés entre devoir et passion. Privés du recul de la raison, les personnages de cette tragédie en arrivent à faire exploser leur être ; l’alexandrin comme un lapsus permanent de la contradiction des sentiments.