Les affaires sont les affaires

d'Octave Mirbeau
Mise en scène Marc Paquien

Du 18 novembre 2009 au 3 janvier 2010
Durée : 2h40 avec entracte
V<sup>x</sup>-Colombier

En 1903, l’écrivain Octave Mirbeau dresse avec une lucidité impitoyable le portrait de l’homme d’affaires dévoré par ses ambitions personnelles. Il crée Isidore Lechat, figure âpre du commerçant véreux doublé d’un directeur de presse au cynisme assumé. Héritier digne d’un Harpagon affairé de Molière, d’un Turcaret sans foi ni loi de Lesage, Isidore Lechat sacrifie les siens, famille et amis, à tous les profits immédiats. Il jouit d’une richesse qui lui assure une impunité relative, et s’enlise dans des affaires louches dans le seul intérêt de finir député, consécration suprême dans ce début du xxe siècle français, où un nouvel ordre petit-bourgeois voit le jour, où naît un nouvel homme, captif complaisant d’une échelle de valeurs plus sûres que jamais, l’argent et le pouvoir social. Isidore Lechat sacrifie volontiers ses enfants, sa fille idéaliste ou son fils désabusé, deux victimes de leur cœur, qu’un père néglige au profit de sa maxime définitive « les affaires sont les affaires ».


Auteur

Octave Mirbeau

Pièce naturaliste, drame quasi scandinave, ou farce sociale noire, méchante comédie, Les affaires sont les affaires s’imposent comme un cabinet d’observation féroce et clairvoyante. À cinquante-trois ans, l’auteur du Journal d’une femme de chambre dissèque et condamne une société en pleine évolution. Né en 1848 dans le Calvados, issu d’un milieu bourgeois, Mirbeau, écrivain, journaliste, pêcheur en Bretagne ou homme de duels, fustige dans tout son œuvre littéraire ou journalistique les hypocrisies et les compromissions d’un milieu étriqué aux aveuglements assassins. Son théâtre, de fait, reste génialement salutaire et atemporel.


Metteur en scène

Marc Paquien

Prix de la Révélation théâtrale décerné en 2004 par le Syndicat de la critique pour sa mise en scène de La Mère de Witkiewicz, Marc Paquien a dirigé très récemment La Ville de Martin Crimp au Théâtre des Abbesses ou Le Mariage secret, opéra de Cimarosa, à la MC 93 de Bobigny. Il a signé par ailleurs les mises en scène de L’Assassin sans scrupules de Henning Mankell ; Le Baladin du monde occidental de Synge ; Face au mur et Cas d’urgence plus rares, pièces courtes de Martin Crimp. Il s’empare aujourd’hui de la famille et de la figure d’Isidore Lechat, explore les failles des individus piégés par leur société et leur cynisme. Plus sensible à l’architecture des cauchemars de Kafka qu’au naturalisme bourgeois, Marc Paquien envisage Les affaires sont les affaires comme un tableau onirique, peuplé de monstres embourbés dans des traîtrises plus ou moins assassines, dans des idéaux fourvoyés, dans des désillusions dont le siècle de Mirbeau n’a pas l’exclusive.


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