Penthésilée

de Heinrich von Kleist
Mise en scène Jean Liermier

Du 26 janvier 2008 au 1er juin 2008
Durée : 2h40 avec entracte.
Richelieu

Reine des Amazones, viole l’inexorable règle de la fête des roses en tombant passionnément amoureuse de son adversaire, le héros grec Achille. Sur le champ de bataille opposant les Grecs aux Troyens, les deux fiers amants, irrésistiblement attirés l’un vers l’autre, s’affrontent dans une lutte perdue d’avance, chacun devant vaincre l’autre pour l’emmener dans son royaume et célébrer l’union. Tragique histoire d’un amour farouche empreint d’une incommensurable tendresse, d’un combat contre les pulsions de vie et de mort, d’un désir de possession charnelle maculée de sang, Penthésilée est relatée par Homère. Heinrich von Kleist se réapproprie le mythe à partir de 1806, s’inspirant probablement d’autres variantes tirées du célèbre Dictionnaire fondamental de mytho-logie de Benjamin Hederich. Fl.T.
Avec le soutien de la Fondation Jean-Luc Lagardère.
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Auteur

Heinrich von Kleist

C’est dans cette tragédie fascinante où le sublime côtoie le monstrueux, qu’Heinrich von Kleist, poète et dramaturge allemand (1777-1811) reconnaît avoir livré « à la fois toute la souillure et tout l’éclat de son âme ». Personnalité complexe, tourmentée, il partagea sa vie entre l’écriture, des études de droit et de philosophie, des responsabilités administratives et un engagement militaire dont il espérait une mort glorieuse. Publiée intégralement en 1808, un an après la paix de Tilsit qui libéra Kleist de prison, Penthésilée témoigne de sa fascination pour la mort, de l’angoisse de sa propre folie et de son insatisfaction affective. Goethe, en réponse à Kleist qui lui avait envoyé Penthésilée « sur les genoux de son cœur », affirme ne pas se familiariser avec cette pièce « d’un genre si étonnant ». À Weimar, où la création théâtrale innove peu, l’œuvre atypique suscite l’effroi et l’admiration. En 1811, quelques mois après avoir achevé d’écrire Le Prince de Hombourg, Kleist tue, dans un suicide commun, son amie Henriette Vogel avant de mettre fin à ses jours. Fl.T.


Metteur en scène

Jean Liermier

La langue fiévreuse de Kleist et le thème de l’amour fou et destructeur ont séduit le comédien et metteur en scène Jean Liermier. Dans Penthésilée, tragédie intemporelle où les héros subissent, comme le commun des mortels, les foudres de l’amour, les personnages tentent de comprendre ce qui leur arrive, de mettre des mots sur ce qu’ils ne peuvent maîtriser. Loin de toute emphase, les comédiens rendent compte de la violence du flux comme de la légèreté musicale de la langue de Kleist qui traduit toute sa « pensée en mouvement ». Celle-ci pose au metteur en scène des questions essentielles : « Qu’est-ce que le désir ? Que pouvons-nous faire par amour ? Peut-on mourir d’amour ? » Fl.T.